Une belle histoire

dimanche 18 novembre 2007.
 

Comme une hirondelle, Cécile revient chaque été à Vacheresse

Au lieudit le « Fontany » à Vacheresse, dès juin de chaque année et cela depuis de nombreuses années dès que les volets bleus au dessus de la fontaine s’ouvrent, le matin, on peut entrer pour saluer « Cécile ». Un petit coucou, un petit quelque chose que le jardin a fait pousser à lui apporter, la liste des courses à prendre chez le boulanger épicier du village, tout est bon pour s’arrêter quelques minutes, mais bien souvent on peut carrément s’asseoir pour faire la causette car « Elle vient ensoleillée notre village » dira une de ses voisines et d’ajouter « elle n’a rien oublié de son enfance, du hameau où elle est née, de l’école communale, et des copines de son adolescence ». Elle connaît aussi toutes les nouvelles du moment car elle a beaucoup de visites, des gens de toutes les générations. Il fau dire que la bonne humeur règne avec elle, rien ne la bouscule, ne la dérange. Elle prend son temps pour « babiller » comme elle le dit, elle est la « reine » de la rencontre, assise sur le seuil de sa porte, elle est apostrophée, par les automobilistes, un coup de klaxon amical du chauffeur de car de ligne de la SAT, un enfant qui revient de l‘école, Cécile, c’est tout le monde qui se la partage. Pour rien au monde elle n’aurait voulu manquer la première soirée d’inauguration de la nouvelle salle des fêtes ; des amis l’emmènent régulièrement au restaurant, lle revoit ainsi les hameaux, qu’elle affectionne. Assise sur son fauteuil, les mains croisées elle admire les fleurs de son jardin que le voisinage a planté, elle observe les couleurs de son environnement qu’elle apprécie. « Chez moi en Suisse je suis seule, ici je revis j’ai du monde autour de moi, et tellement bien entourée » confie celle qui dans sa jeunesse a quittée son village de Vacheresse, pour travailler, puis se marier en Suisse, tout en gardant une petite maison où elle a ses racines. « Avec elle on a pris du temps et c’est précieux dans notre monde si pressé et parfois dé humanisé »dira l’une de ses proches au Fontany. Ce partage inter génération est un modèle et une belle histoire dans un village où l’on ne s’ignore pas.