Glissement de terrain

jeudi 27 septembre 2007.
 

CHATEL

Glissement de terrain : la route sera ré ouverte que lorsque toutes les conditions de sécurité seront assurées.

A Châtel, après le glissement de terrain (voir notre édition du jeudi 20 septembre) ce fut d’abord l’émoi et maintenant c’est le temps de la curiosité pour de très nombreux badauds ou habitants de la station qui laissent apparaître des inquiétudes et des interrogations sur la construction de deux chalets sur d’anciens marécages. Si le lieu-dit porte le nom de la « grande mouille » c’est parce que le terrain est spongieux. Ces constructions inquiètent depuis longtemps. Le propriétaire, depuis février 2006, du chalet voisin de celui qui a été emporté, un habitant la région parisienne, a écrit en octobre 2006 au maire : « Qu’elle ne fut pas notre surprise quand les travaux sur la parcelle des Chalets Tarddy ont commencé avec la construction d’un mur de retenue monstrueux de par sa largeur mais également sa hauteur, comment avez-vous pu valider une telle construction. Au regard de la pente et de la situation de notre chalet dans l’axe vertical de ce mûr, n’y a-t-il pas un risque d’éboulement, de glissement de terrain comme cela arrive parfois lors de gros intempéries, surtout sur ce lieu particulièrement humide » écrit ce propriétaire qui ne cache pas sa déception en précisant que s’il avait connu ce projet il n’aurait jamais acheté à cet endroit. « Est-ce que le fait d’être promoteur ouvre tous les droits ? ». Pour le docteur Bernard Grépillat qui habite de l’autre côté du glissement : « Il est évident qu’il ne fallait rien faire c’est une zone qui était marécageuse, recouverte de roseaux. Envisager de faire deux chalets dans une pente de 30% dans un endroit où il y a des marécages, ce n’est pas normal » lance le médecin perplexe qui s’étonne que l’on puisse donner de pareils permis de construire. Quant à Mme Josette Pierri, elle était sur le bord de la route quand le glissement s’est produit et de préciser : « Je regardais le bull travailler, tout d’un coup j’au vu la terre partir tout doucement , oh j’ai dit cela va s’arrêter contre le chalet du voisin, mais il va être tout sale ; quand la vague est arrivée cela a fait un remous qui a poussé la partie haute de l’habitation dans le talus et le toit est parti comme cela, c’était spectaculaire. Il s’est vraiment défait en trois morceaux » et d’ajouter « Il y avait un piéton, un homme, il s’est retourné et est parti en courant, je ne l’ai pas revu, je ne sais pas où il est passé ». Hier matin, les différents services : gendarmerie, mairie, restauration des terrains de montagne, subdivision des routes du Conseil général, assureurs, experts, huissiers, étaient présents pour, chacun de leur côté, effectuer les constats, chercher des explications et des solutions. L’une des inquiétudes concernaient l’évacuation de la pelle mécanique de 18 tonnes sur un terrain plus que glissant. Les personnes présentes étaient très attentives à la manœuvre faite avec une grande habilité de Carlo Cruz-Mermy. Il a été convenu sur place que des saignées seront faites pour permettre, de chaque côté, les écoulements des eaux, des gouilles s’étant formées, et d’évacuer les différents matériaux. Il faudra probablement attendre le début de la semaine prochaine pour évaluer la stabilité de la zone. La responsable du service RTM d’Annecy devait déclarer : « On est dans un contexte sensible et humide, dans un secteur de circulations d’eaux ; visiblement il y en a qui n’ont pas réussi à être captées par le drainage déjà réalisé. Lorsque l’on fait des aménagements de ce type, il peut y avoir une surcharge notamment par le remblais ; avec ce genre de travail sut un tel terrain on peut se retrouver confronter à des problèmes de stabilité ». Côté mairie, on explique que ce lieu est classé en zone bleue au prochain PPR. Dans la station, on ne peut s’empêcher de penser que dans ce glissement, par chance, il n’y a eu aucune victime, le chalet étant vide de ses occupants et personne ne circulait à ce moment sur cette route très fréquentée. Dans le voisinage, la mairie est pointée du doigt pour avoir autorisé ce chantier alors que des voix s’étaient faites entendre sur les risques. Il reste aux expertises et aux assurances d’intervenir.

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