Fermeture de l’Essert, la population se mobilise

lundi 28 mai 2007.
 

Vendredi 25 mai, rendez-vous été donné à la population à la salle de la mairie d’Abondance pour discuter de la décision de fermer le domaine de l’Essert prise par le conseil municipal le 16 mai dernier par neuf voix contre six. Et c’est un peu pris de court que, devant l’affluence bien trop nombreuse pour tenir dans la salle bien que les chaises installées dans un premier temps furent rangées dans la salle attenante pour permettre à un plus grand nombre d’assister à la réunion, Paul Girard-Despraulex, l’un des initiateurs de cette rencontre, pris la parole pour lancer la réflexion et pour annoncer la création d’une association, un moyen d’accéder à certaines informations. Après avoir pris soin de préciser que « cette réunion n’a aucune finalité électorale », Paul Girard-Despraulex souligna que « l’objectif est de comprendre, de connaître les raisons d’une décision aussi lourde de conséquences que nous avons tous apprise par voix de presse ». Et de poursuivre, « nous sommes conscients que l’on ne pouvait pas continuer comme cela mais cette décision a été prise sans communication, sans concertation ». Les interventions de l’assistance ont dans l’ensemble essentiellement fait ressortir l’inaction de la municipalité, notamment en regard d’une proposition avancée par le repreneur de La Bichette, Charles Gerregat. Ce dernier aurait à plusieurs reprises sollicité auprès de Serge Cettour-Cave, le maire de la commune, les données du dossier des remontées mécaniques de l’Essert afin éventuellement de proposer son aide au maintien des installations, voire le rachat de la station. Or, à ce jour, aucune réponse ne lui aurait été faite. Par ailleurs, des voies s’élèvent pour s’interroger sur la raison d’être de projets coûteux, tels que l’aménagement de la plaine d’Offaz ou la remise en état de l’ancienne gendarmerie, alors que l’on annonce la fermeture de la station. Sans compter comme le fera remarquer un résident mosellan que « le démantèlement des remontées a un coût, et certainement plus élevé que celui de la V3 nécessaire à la poursuite de l’exploitation ». Deux chiffres sont alors avancés : 300 000 € pour la V3 et 400 000 € pour le démantèlement. Certains dans l’assemblée s’interrogent alors sur les possibilités de faire invalider la décision du conseil municipal, ce à quoi Michel Lopez, directeur de Sainte-Croix des Neiges, répondra que trois solutions existent « soit le maire revient sur sa décision, soit l’affaire est portée devant le tribunal administratif pour faire casser la décision, soit il faut changer la municipalité », et à Marc Rissouant de préciser que « cinq démissions de conseillers municipaux sont nécessaires pour que le conseil municipal soit dissout ». « Cela dit, poursuivra-t-il, il nous faut bouger vite et une des façons d’agir serait une manifestation dans Abondance avec blocage de la commune ». Alors après la constitution d’une association, prochaine étape : descendre dans la rue ! Le vent de la révolte soufflerait-il en Abondance... Isabelle Cabart

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