Fermeture du domaine de l’Essert : la colère monte.

mercredi 23 mai 2007.
 

ABONDANCE

L’article, dans notre édition du vendredi 18 mai se faisant l’écho de la décision du conseil municipal d’Abondance mercredi soir de fermer le domaine skiable de l’Essert, a fait l’objet d’une véritable bombe occasionnant déception, inquiétude, interrogation et l’indignation d’avoir appris cela par la presse. Les réactions n’ont pas tardé, accusant les conseillers ayant voté cette fermeture de faire un beau cadeau aux stations de La Chapelle d’Abondance et Châtel. Les élus sont pointés du doigt : « Ont-ils chiffré ce que cela va engendrer comme dégâts sur la station » entend-on, ou encore : « On va diviser la commune et opposer les gens » et pour preuve, vendredi matin, quelques coups furent même échangés dans un bar à ce sujet. Des abondanciers ne se privent pas pour évoquer des disfonctionnements, mais comme toujours il ne fallait pas en parler pour ne pas faire de vague. Une réflexion s’impose.... Sous l’effet du choc de la nouvelle, on parle de démission au conseil, à l’office de tourisme, et même d’attaquer la décision du conseil, de se regrouper, de manifester. En attendant voici les premières déclarations. B.A.

Jean-Pascal Besson Conseiller municipal président de la commission des remontées mécaniques « Je vais envoyer ma lettre de démission car je ne peux cautionner cette décision ; on n’est pas allé au bout de ce que l’on a voulu faire puisque l’on n’a pas interroger les banques. Fermer une station c’est mettre un village en péril ». Jean-Pascal Besson espère rassembler car il voudrait savoir pourquoi on n’a pas fait un référendum après le sondage qui avait laissé apparaître une volonté du maintien de l’Essert. Il voudrait que la population soit informée des autres coûts des projets, comme l’ancienne gendarmerie, ou des travaux réalisés au cloître à l’église abbatiale.

Michel Lopez directeur de Sainte-Croix des Neiges « Je trouve inadmissible que cette déclaration n’ait pas été faite par une autre forme de la part de la municipalité ». Cet établissement est le plus gros employeur de la commune (une cinquantaine de personnes)

« Prendre la lourde décision de fermer une station dans un village comme Abondance ne méritait pas la manière qui a été employée ». Ce qui inquiète Michel Lopez c’est le projet de vente d’une grande partie du patrimoine de Sainte-Croix des Neiges à des promoteurs immobiliers dans le but d’augmenter le nombre de lits pour la vie de la station. « Cinq promoteurs sont en réflexion pour la construction de résidence de tourisme ; cette décision fera chuter la valeur immobilière ». La référence d’un domaine skiable compte pour le choix des familles pour un établissement privé.

Paul Girard-Despraulex, président du ski club local « C’est dramatique, désastreux de passer du statut de station à celui de village surtout pour le ski club, c’est 86 enfants qui en profitaient ; les mercredi, samedi et dimanche ils étaient sur les skis, dorénavant ils seront dans les rues du village et comment allons-nous les occuper ? Les entraîneurs, à la lecture des informations, m’ont prévenu qu’ils réservaient leur décision puisque cela va extrêmement compliquer l’activité du ski club, on ne pourra pratiquement plus gérer comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Le ski club est entièrement conscient qu’il y avait un très gros problème financier et depuis quatre ans je voyais qu’il y avait un réel manque de participation de la municipalité à s’intéresser à la vie des remontées puisque l’on ne voyait sur place que 2 conseillers sur 15, cela fait trop peu. C’est certes un sujet qui est très difficile et qui demandait beaucoup de temps pour les élus ».

Jean-Luc Léonardi, président de l’office du tourisme « On nous a donné un coup de couteau à la gorge, une nouvelle qui est tombée comme un couperet, on ne s’attendait pas tout de suite à cette décision, on pensait que le conseil allait changer sa position. Abondance avait la chance d’avoir deux saisons l’hiver et l’été. Nous avons des réservations de clients fidèles qui skient habituellement à l’Essert, que vont-ils faire maintenant, c’est la même chose pour les réservations chez les particuliers. On sera un village mort, les gens ne se déplaceront pas pour la petite installation de la plaine d’Offaz. J’ai déjà une démission à l’office du tourisme et je crains qu’il y en ait d’autres.