Une retraite au goût amer

mercredi 22 novembre 2006.
 

Une retraite au goût amer

A 63 ans, Christian Ruffet, ancien agent du Trésor Public-23 ans de présence- avait quitté la perception d’Abondance en 1988 pour participer à la création de la société des remontées mécaniques (Société Anonyme d’Economique Mixte) de Châtel sous le mandat d’André Crépy. Egalement adjoint au maire de Neuvecelle, Christian Ruffet qui est toujours directeur général délégué des remontées mécaniques vient de se voir notifier sa mise à la retraite. A compter du 1er novembre. Autant dire que la pillule a du mal à passer. « Le maire de Châtel m’a proposé de me retirer de la société, j’ai voulu négocier mon départ puisque je peux travailler jusqu’à 65 ans » explique-t-il Souffrant d’un handicap physique, Christian Ruffet avait-il du mal à fournir plus d’heures de travail qu’on lui en demandait, par jour ? C’est du moins l’argument qu’il pense avoir joué en sa défaveur... « on m’a jeté comme un malpropre ». (JPEG) Alors il veut négocier son départ. Et de réclamer 65 000 € en guise de compensation alors que « la convention collective m’en octroyait que 35 000 € ». Trop gourmand Christian Ruffet ? C’est sans doute ce qu’a perçu Philippe Thoule, le maire mais aussi le président de la société. Du coup, les négociations ont tournés court. Résultat : le directeur général délégué a été prié de rentrer chez lui et de ne plus remettre les pieds à Châtel. Personna non grata. « Je reste à la maison et en plus, je suis payé à rien faire ». Le comble, sa lettre de mise à la retraite date du 1er août. « Oui, mais c’est un licenciement déguisé » affirme Christian Ruffet. Il a même gardé la voiture de fonction. « On m’a envoyé l’huissier, sauf que je suis toujours en poste puisque le conseil d’administration ne m’a pas encore retiré son mandat social » . Pour le maire Philipe Thoule, « Christian Ruffet a tous ses trimestres pour bénéficier de la retraite ». Et d’ajouter : « entre 60 et 65 ans, c’est possible ». Le président de la société des remontées mécaniques insiste d’ailleurs sur le fait que c’est Christian Ruffet qui a demandé de partir à la retraite. « Mais il avait des prétentions particulières qui ne correspondaient pas à la convention collective ». Aujourd’hui, la situation semble bloquée : « Il avait un préavis de trois mois mais il en a été dispensé » explique le maire. L’affaire va bientôt rentrer dans sa phase de conciliation devant le conseil des prud’hommes. En attendant, un nouveau directeur a été embauché, payé lui aussi.

Article de Jean-Jacques Berchemin paru dans le Dauphiné du 1er novembre 2006.