La libération des camps et découverte de l’univers concentrationnaire au collège

samedi 26 février 2005.
 

Quelque soixante-dix-huit élèves des classes de 3è au collège de la vallée d’Abondance, viennent de participer vendredi après-midi à une lecture évocatrice « chronique d’un enfer » , un spectacle documentaire tiré de récits réalisés par les anciens déportés : Primo Levi, Robert Antelme, Charlotte Delbo et David Rousset et interprété par les comédiens de la compagnie « La traction avant » de Vénissieux. Cette évocation s’inscrit dans le cadre de la préparation de la session au concours national de la Résistance et de la déportation avec pour thème : 1945 libération des camps et découverte de l’univers concentrationnaire, crime contre l’humanité et génocide. Rémy Pergoux, enseignant à la retraite et membre du comité de la résistance devait, avant d’animer la rencontre avec les témoins de l’époque, rappeler que les scènes évoquées ont été vécues par des enfants, des femmes et des hommes qui, pour la plupart, ont disparu dans les chambres à gaz et les fours crématoires. Il présenta ensuite Walter Bassan président de l’association de résistants et déportés, lui-même résistant et déporté à l’âge de 17 ans à Dachau, et Aimé Blanc, bien connu dans la région puisqu’il est le président de la section d’Evian ; tous deux sont la mémoire de cette période d’un système politique dont la doctrine prônait la supériorité de la race aryenne, les dignitaires nazis se fixaient pour objectif la domination du monde. Très attentifs, respectueux, les jeunes de la vallée, après un important travail autour de ces événements avec leurs professeurs, avaient préparé toute une série de questions liées à la résistance mais aussi aux conditions de vie dans les camps. Les deux témoins rappelèrent à plusieurs reprises que si c’était à refaire, sans hésiter ils répondraient présents. Ils expliquèrent cette devise « ni oubli, ni pardon », nous le devons en mémoire de ceux qui ne sont pas revenus » ajoutent-ils. Certains récits donnent le sentiment d’horreur à ces adolescents à qui il est demandé d’être vigilants afin que cela ne se reproduise jamais. « Montrez-vous citoyens » devaient-ils ajouter avant de remercier les élèves intéressés. « Vous avez été d’une écoute formidable » conclurent Walter Bassan et Aimé Blanc ; ce dernier est l’auteur de « Français n’oubliez pas » ouvrage qui vient d’être rééditer avec quelques ajouts par le conseil général. Dans le fond de la salle de classe, le conseiller général Pascal Bel avait discrètement assisté au spectacle et à une grande partie de l’échange des jeunes filles et garçons de la vallée avec leurs questions pertinentes à l’égard de ceux qui ont vécu ces années, marquées pour toujours leur vie, mais qui tiennent à témoigner. L’écoute d’aujourd’hui est respectueuse, ils n’oublient pas qu’à leur retour certains ont mis en cause leurs témoignages. « Pour tous ceux qui ne sont pas revenus ou qui sont morts par la suite, nous devons continuer de témoigner » diront-ils encore.

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