Tout le village fête "Adeline" pour son centenaire

samedi 13 juillet 2002.
 
Manifestation empreinte de beaucoup d’affection et d’amitié pour fêter la première centenaire de la commune de Vacheresse. Le maire Roger Petitjean et tout son conseil municipal, le Conseiller général André Crépy, l’Abbé Claude Boidin curé désservant la paroisse, le groupe musical "Les Bedzuts" issu de l’harmonie municipale, la chorale locale "Les Lou Izès de Pellioua" et une représentation importante de la population, étaient présents pour accueillir Adeline Tagand née le 30 juin 1902. Accompagnée de sa famille la centenaire fit son entrée au bras de son fils Louis. "Cent ans ! un siècle, un grand siècle un long siècle, plus ou moins tourmenté. Adeline, notre alerte centenaire, vous l’avez vécu, au jour le jour et c’est vous qui pourrez, mieux que nul autre, nous dire ce que cent ans représentent. Assurément beaucoup de jours, bien des réveils et bien des soirées de méditation, surtout ces dernières années" devait déclarer d’emblée le maire à cette vénérable citoyenne qui a vu les premières automobiles ou avions, connu deux guerres et vécu une époque marquée par de grands bouleversements. "Vous avez assuré avec courage vos responsabilités de femme à une époque où, nous le reconnaissons tous, c’était infiniment plus dur et plus contraignant que de nos jours" précisa encore le maire. Ne souhaitant pas prolonger cette manifestation affective, le premier magistrat municipal fit remettre à Adeline Tagand au nom de la communauté de Vacheresse une pendule décorée ainsi qu’une très belle composition florale apportée par Sylvain un de ses petits-fils, conseiller municipal. André Crépy lui rendit hommage à son tour précisant qu’elle avait eu le courage et la santé. Adeline Tagand, se porte bien, elle tricote encore quelque fois ; à 96 ans elle fendait encore elle-même son bois et arrachait ses pommes de terre. Cette ancienne agricultrice qui éleva seule ses quatre enfants était une acharnée au labeur ; avec son mari elle élevait des escargots qu’elle vendait à Paris. C’est ainsi qu’ils achetèrent une automobile, la première du village. Son époux décéda suite à une chute de cheval quelques mois avant que naisse "Louis". Battant la mesure alors que le chorale chantait "le vieux chalet" Adeline Tagand, nullement émue, restait attentive à tout ce petit monde qui l’entourait. Elle avait dit à son fils qu’elle voulait quelque chose de simple, à l’image en quelque sorte de son existence. Ce qui ne l’empêche pas de répondre comme toujours du tac au tac à son fils ! elle aimait les dictons du genre : "il vaut mieux rien faire que mal faire" ou : "il y a deux choses que l’on ne peut changer : le temps et les gens". Et c’est dans l’intimité familiale que s’est terminée cette journée anniversaire. "Adeline" ce personnage célèbre et sympathique de la commune, encore en partie autonome, va poursuivre sa vie tranquille dans cette maison où elle est née 100 ans plus tôt. Elle aura marquée la vie communale et chacun lui souhaita encore de belles journées. Notre journal s’associe aux voeux d’anniversaire de Mme Tagand.