Il y a 20 ans Didier Bouvet remportait le bronze olympique à Sarajevo

vendredi 30 avril 2004.
 

On parle souvent du devoir de mémoire, le vingtième anniversaire d’une médaille olympique mérite d’être fêté.

Lors des jeux olympiques de 1984, dans la capitale de la Bosnie-Herzégovine de Saréjevo, suivis par toutes les télévisions du monde entier, la Vallée d’Abondance vivait la fièvre des compétitions, avec Didier Bouvet, cet enfant du pays qui remporta une brillante troisième place. « En montant sur le podium j’ai ressenti une profonde émotion, cela restera le moment le plus fort de ces jeux » déclare avec modestie, vingt ans après, Didier Bouvet, ce champion discret qui consacre son temps entre le magasin de sports de la station d’Abondance, du ski-club, de l’office de tourisme. Cet hiver, les touristes ont pu également le voir avec les enfants lors des descentes aux flambeaux et la présentation des plus grands skis du monde réalisés par les menuisiers bûcherons de la Vallée lors du Téléthon. Didier évoque avec grand plaisir les moments inoubliables à son retour des Jeux Olympiques, des festivités à l’initiative du maire de l’époque M. Pigné, avec la participation d’une foule immense, des personnalités politiques ou sportives comme Jean-Claude Killy.

« Grâce à mon père »

C’est vers l’âge de 3 à 4 ans que le papa, Roger, chaussa Didier de ses premiers skis ; à 7 ans celui-ci était déjà en compétition. Didier conserve en mémoire son premier Grand Prix gagné à Bernex, avec son club de ski présidé par Roger Duffour, et par la suite par Jean-Guy Cettour, assistés des bénévoles. « Je suis parti ensuite dans les clubs du haut, La Chapelle d’Abondance et Châtel et entraîné par Jean-Jacques Maxit et Raymond Cruz-Mermy, et c’est un premier prix en championnat de France chez les cadets en 1971. Après avoir rejoint le comité du Mont-Blanc avec Jean-Jacques Maxit il entre en 1978 en équipe de France. Puis, c’est le titre de Champion de France en 78, la coupe d’Europe de 1981, la médaille olympique de 84 et la coupe du monde de slalom en 1986. Didier Bouvet ne se gêne pas pour rappeler que son père Roger, fut toujours disponible pour le conduire, aller le rechercher sur les lieux d’entraînements, de compétitions « car à mes débuts je n’avais pas de permis de conduire » ; il associe très volontiers Yves Tavernier de Morzine.

Roger présent partout dans la vie associative

Ce papa, qui a su reconnaître dès le début les capacités du futur champion, qui l’a encouragé, suivi, admiré, partageait cela avec d’autres activités bénévoles dans la station : il a été 25 ans chef de centre des sapeurs pompiers, puis une soixantaine d’années à la société de musique l’Harmonie d’Abondance, un fidèle des dons de sang où il a accompli ce geste 120 fois dans son existence, cette vocation de pompiers l’a encouragé dans ces actes, sachant, après avoir côtoyé de nombreux blessés, combien cela était une nécessité pour que certains survivent. Egalement : le secours en montagne dont il fût président de la section locale pendant une quarantaine d’années, la chorale, un autre moment de plaisir dans sa vie active. Sur le chemin de ses quatre-vingts printemps, Roger Bouvet reste un membre présent voire actif ; on le rencontre lors des manifestations de ski, chez les donneurs de sang, chez les plus de 70 ans de la vallée, les Vieilles Planches de La Chapelle d’Abondance. Avec son épouse ils sont présents, dans les fêtes, les concerts les concours de belotes dans la vallée. Ils sont tous deux des personnages admirés et respectés. Ils espèrent que dans l’année on trouvera une date pour marquer le vingtième anniversaire de cette médaille de bronze olympique.

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