Lecture de textes et témoignages de résistants au Collège

vendredi 12 mars 2004.
 

Devoir de mémoire pour ces anciens déportés résistants afin de ne pas oublier toutes les victimes

Les élèves des deux classes de 3ème du collège du Val d’Abondance viennent de participer à une rencontre exceptionnelle avec des anciens résistants déportés : Walter Bassan déporté à Dachau, actuellement président du comité du concours de Haute-Savoie sur la résistance, Philippe Baratay ancien officier marinier de Vinzier à l’époque et ancien marin des Forces Françaises Libres, et Enzo Bonopera, dans sa jeunesse à Bonnevaux, engagé dans les Forces Françaises Libres. Cette rencontre débuta par une lecture évocatrice, prélude d’une rencontre avec des témoins de la seconde guerre sur le thème « liberté mon pays » avec des documents, visuels ou audio, plaçant l’auditoire attentif devant les horreurs de la guerre, de la trahison, des actes de courage de certains, dénonçant les camps de concentration, sa violence, ses mouroirs. La participation des acteurs de la compagnie Traction avant de Vénissieux (Rhône), fut remarquable. Puis ce fut ensuite les témoins qui racontèrent, leur jeunesse, la guerre, la résistance, puis leurs souffrances en déportation, ces camps où l’on montrait les deux portes : celle par laquelle des milliers entrèrent, celle d’où ils ressortaient morts.

La défense de la dignité humaine

Après l’exposé, les lycéens posèrent des questions aux trois hommes qui répondirent humblement sans se considérer comme des héros, mais qui, aujourd’hui, avaient un devoir de mémoire en souvenir de tous ceux qui furent victimes des atrocités des nazis. « Ils n’ont jamais pu nous ôter notre dignité » dira l’un des témoins rappelant que leur chance est d’être revenu vivant et que leur engagement se poursuit. Les questions se portèrent sur Pétain, la milice, la police française et leurs actions criminelles. Les anciens déportés résistants dénoncèrent le racisme. Il fut question de la défense de la dignité humaine. Répondant à une question de savoir s’il referait la même chose, la réponse ne se fit pas hésitante : « je recommence tout de suite, sans hésitez, et vous mêmes, j’en suis persuadé, vous feriez la même chose » répond l’homme approuvé par ses deux compagnons. La discussion se prolongea au-delà de l’horaire prévu. Visiblement touchés de cet intérêt, les résistants devaient ajouter :« Nous vous remercions de votre écoute c’est sympa ». Ils félicitèrent les élèves et les professeurs pour la qualité du travail effectué et des questions. « Ici il y a une très bonne participation, nous nous sommes trouvés parfois face à des jeunes qui n’avaient aucune question à poser » nous confiaient ces derniers, quand un groupe de lycéens, vient au devant d’eux pour leur dire « Nous souhaiterions vous serrer la main » une démarche émouvante qui correspond à une mentalité de jeunes reconnaissants.

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