L’alpage de la montagne de Lens 1503/2003

Les anciens vont trouver dans le titre de ce texte une répétition, mais qui, à part eux, sait encore que autrefois montagne était l’équivalent d’alpage ?

 

L’histoire au Moyen-âge des alpages de notre vallée est bien mal connue. Il est possible que, les 1er alpagistes aient été Burgondes. Chassés au VI siècle de la rive lémande et du plateau de Gavot, certains se seraient établis dans la vallée, auraient défriché des alpages : Lens, Ardens, Morgins… pour faire paître leurs vaches, sans doute les ancêtres de la vache d’Abondance.

Plus tard, vers 1050, lorsque des chanoines, venus de Saint Mauirice, créent un prieuré, ils ont reçu en toute propriété, de la vénérable abbaye, la partie supérieure du Val d’Abondance. En fait, ils ne réussiront jamais à exercer pleinement leurs droits de propriétés. Les habitants, libres et indépendants, constituant une sorte de petite république, exploiteront selon des règles fixées par eux, la majorité des alpages.

 

Un bel exemple de ces privilèges est l’attribution de l’alpage de Lens situé sur le hameau de Charmy aux habitants de Sous-Le-Pas et Bonnevaux. Ce partage a lieu le 25 juin 1503 sur le parvis de l’église après la messe. C’était la tradition au Moyen-Age, après accord, les chefs de famille partageant des biens en commun. Les communes représentées par leurs syndics font édifier un acte notarié. Le notaire est un notaire public, pas celui de l’Abbaye. C’est important  C’est le début de l’histoire connue de cet alpage sectionnal privé, le plus important de la vallée, près de 300 ha, et l’un des plus étendu du Haut Chablais.

Son histoire est complexe, parsemée de conflits, les derniers datant des années 1920. La commune alors propriété de l’alpage en contestant maladroitement la validité de l’acte de 1503. Malheureusement pour elle, elle perd en appel à Chambéry en 1923.

 

 

La fête du 20 Juillet 2003

Ces évènements sont encore présents dans la mémoire de nombreux « Baillis », en particulier les habitants de Charmy à une époque où nos alpages devenus des lieux mythiques entre ciel et terre sont plus envahis par les broussailles, la forêt et … les touristes que les vaches d’Abondance.

Cette période est révolue. Par contre 500 ans n’est ce pas là une occasion unique de célébrer les alpagistes d’hier et d’aujourd’hui, leurs troupeaux d’Abondance et le fruit de leur travail ces merveilleux fromages dont nous nous régalons.

 

Texte : Jean-Marie Benand

Cartes postales de Jean-Marie Benand, numérisée par Patrick Brault

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